Gabriel BATAILLE

          Gabriel BATAILLE (1574 - 1630)

Gabriel Bataille (né entre juin 1574 et juin 1575, probablement dans la Brie, mort le 17 décembre 1630, est un musicien français, luthiste et compositeur d'airs de cour.

Les allusions à la Brie dans ses pièces de vers suggèrent qu’il est originaire de cette province. Il avait un frère Louis, tailleur d’habits, cité dans un acte de 1621, et une sœur Catherine, mariée à Didier Dutour huissier des comptes et trésors à Paris, et morte avant 1600.

À l’époque de son mariage, le 12 février 1600, il est déjà parisien, mais son contrat de mariage précise qu’il est alors clerc du conseiller au parlement Germain Regnault ; il n’était donc pas alors un musicien professionnel. Lorsqu’en 1608 Pierre I Ballard publie les premiers volumes de ses Airs de différents autheurs, il l’était probablement devenu : il est dès 1614 listé comme maître de musique.

De 1617 à sa mort, il est maître de la musique de la maison d’Anne d’Autriche (1601-1666), par semestre, en alternance avec Antoine Boësset. Il avait passé contrat avec ce dernier, qui visait aussi ce poste, pour que celui qui l’obtiendrait le partage avec l’autre (ce qui arriva). 

Bataille a inséré une pièce de vers à la louange de Jacques Le Fèvre parue dans ses Meslanges de 1613 ; celui-ci lui a d’ailleurs laissé par testament, le 22 décembre 1627, une partie des livres de musique qui recueillaient toutes ses œuvres. En 1617 et 1618, il publiera également des pièces de vers au début de livres d’Antoine Boësset et de Pierre Guédron ; il faut donc voir ces trois musiciens au centre de son réseau d’amis.

La période la plus active de la production de Bataille se situe entre 1605 et 1620 ; après cette date et jusqu’à sa mort on a très peu d’éléments sur sa vie. Il a édité, en 1608 et 1615, une collection d’airs de cour composés par les maîtres les plus en vue du moment et arrangés par lui pour voix et luth. Elle comprend six livres dont certains ont été réédités, signe d’un réel succès.  des airs de cour, autonomes ou extraits des ballets représentés à l’époque à la cour de France. Y figurent aussi neuf psaumes traduits en vers mesurés par Philippe Desportes.

Dans ces airs de cour, Bataille a beaucoup pris dans les œuvres de Pierre Guédron. Il a bien sûr inclus dans ces recueils plusieurs de ses propres compositions. Il se montre respectueux de la mélodie vocale originale, en l’ornant plus. Au luth, il respecte la partie de basse originale mais adapte plus facilement les voix intermédiaires.

Beaucoup des pièces de ces recueils ont été reprises dans des recueils d’airs spirituels contemporains, telle la Pieuse alouette de (Valenciennes, 1619-1621), ce qui est un signe d’une diffusion assez large.

Gabriel Bataille a également composé ses propres airs.

  • Seize airs à quatre voix, groupés au début des Airs à quatre de différents auteurs, et mis ensemble par Pierre Ballard (Paris : Pierre I Ballard, 1613, RISM 16138, Guillo 2003 n° 1613-B).
  • Trente-quatre airs à une voix publiés en 1615 et 1626, parmi lesquels 21 paraissent dans les Airs de cour et de différents auteurs [1er livre] (Paris : Pierre I Ballard, 1615, RISM 161512, Guillo 2003 n° 1615-B.
  • 43 airs pour voix et luth sont contenus, sous son nom, dans les recueils publiés entre 1608 et 1615 mentionnés plus haut, mis au luth par lui-même. Parmi ces airs se trouvent dix psaumes sur des vers de Desportes, que Verchaly attribue tous à Bataille alors que seul le dernier (dans le recueil 1615-A) est publié sous son nom.
  • Neuf autres airs pour voix et luth, publiés entre 1617 et 1620, dans les recueils suivants :

Dans ces derniers recueils, quelques airs sont extraits des ballets de cour contemporains : Ballet du roi (c. 1616), Ballet de La délivrance de Renaud (1617), Ballet de Monseigneur le Prince(1620).

 

 
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