Pierre CERTON

 

          Pierre CERTON (1515 - 1572)

 

Clerc de matines à Notre-Dame de Paris dès 1529, Certon fit ensuite sa carrière à la Sainte-Chapelle : clerc de matines en 1532, maître des enfants de choeur en 1536, chapelain perpétuel en 1548. En 1552, son Premier Livre, recueil de seize chansons strophiques de style vertical (ou "voix-de-ville") semble indiquer un changement des rapports entre la poésie et la musique. La même année, il écrit deux chansons pour le supplément musical des Amours de Ronsard, qui en contient huit (trois de Goudimel, deux de Certon, deux de Janequin et une de l'humaniste Marc-Antoine de Muret). C'est un autre essai de collaboration étroite entre le poète et les musiciens. Malgré l'inimitié publique entre Ronsard et Mellin de Saint-Gelais, Certon publie, toujours en 1552, sept textes de Mellin deSaint-Gelais mis en musique de façon strophique dans son Premier Livre de 1552. De 1552 à 1558, il écrit surtout des messes et des motets. Le 10 janvier 1570, il fait publier chez Nicolas Du Chemin un dernier recueil, les Meslanges,dédié à son protecteur et ami le seigneur de Villeroy, et meurt deux ans plus tard, le 23 fév. 1572. Il n'est pas impossible que le poète Salomon Certon, contemporain de Malherbe et d'Agrippa d'Aubigné, ait été le fils du musicien.
Un peu dédaigné à l'heure actuelle, Pierre Certon fut pourtant reconnu par les écrivains et poètes de son temps, puisqu'il fait partie avec 
JosquinMouton,WillaertRichafortJanequinMaillardSermisyMouluBerchem et Arcadelt, des musiciens présents à la fois dans la liste de Rabelais et dans celle deRonsard. Plus étonnant encore, il figure sur la liste de contrapuntistes franco-flamands des Tons et discours sur les Modes de Musique de Pierre Maillart en 1610, alors que Janequin et Sermisy en sont absents. Certon sut tisser un solide réseau d'amitiés : disciple et ami de Claudin de Sermisy, il entretint une sorte de "correspondance musicale" en écrivant des arrangements de chansons des musiciens qu'il estimait, comme Clément Janequin ou Pierre Sandrin. L'exemple musical ci-dessous, Finy le bien, est une "response" à la célèbre chanson de Sandrin Douce mémoire (le motif musical provient de la chanson de Sandrin).

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